La crèche parentale : la crèche où les parents s’impliquent

J’ai eu le plaisir de rencontrer Samuel qui m’a parlé d’un mode de garde que je ne connaissais pas très bien, la crèche parentale. Il faut savoir que les crèches municipales couvrent seulement qu’environ 20% des besoins pour la garde des enfants. Dans ce cas là, les parents doivent trouver d’autres solutions : assistante maternelle, nounou à domicile, ou la crèche parentale qui demande une forte implication des parents.

Interview avec Samuel

Comment as-tu connu ce mode garde ? Et pourquoi ce choix ?

J’en ai entendu parler par des amis qui étaient à la crèche. Nous connaissions donc bien le fonctionnement parental et le projet pédagogique de la crèche, qui nous ont beaucoup plu. Nous aimions l’idée d’être présents une partie du temps et de participer à la vie de l’établissement.

Comment ça marche ?

Il faut savoir que la crèche parentale peut demander une forte implication de la part des parents, même si c’est très variable d’un établissement à l’autre.

Chez nous, chaque famille assure une demi-journée de présence auprès des enfants par semaine. Pendant 5h, nous travaillons auprès des professionnelles que nous soutenons en gérant des activités, mais surtout par des tâches techniques (rangement, préparer les tables, nettoyer après le repas, lancer des machines à laver etc.) On peut passer un peu de temps avec son enfant, mais on est avant tout au service de la collectivité.

Cette partie de l’investissement permet de comprendre réellement le travail des professionnelles et l’importance du projet éducatif de la crèche pour le bien-être des enfants.

Ensuite, chaque parent participe à une commission, c’est à dire un groupe de travail chargé de la vie de la crèche. La commission salariés s’occupe par exemple des relations avec les employés, du recrutement, des contrats de travail, des formations etc; une commission se charge des courses; une autre du bricolage et du jardin; une autre des projets pour les enfants etc.

L’accueil se fait comme dans une crèche classique, de 8h à 19h (les horaires sont votés en début d’année). Le matin, on propose du jeu libre ou des activités individuelles (pâte à modeler, jeux d’eau, peinture, sable etc.). Une fois par semaine, une intervenante extérieure assure aussi un atelier musique ou éveil corporel.

Comment sélectionnez-vous les parents ?

Vu la forte demande d’implication dans le fonctionnement de la crèche parentale, le principal critère de sélection va être l’envie des parents de s’investir dans l’association. Il faut également habiter dans la ville (Montreuil), et l’enfant doit avoir au minimum 6 mois lors de son arrivée.

Quels sont pour toi les avantages et les contraintes de ce mode de garde ?

Ce qui me plaît le plus dans cette crèche, c’est le projet pédagogique centré sur l’autonomie de l’enfant et le respect de son individualité. Il y a un véritable travail de co-éducation autour de ces thèmes. Par exemple, les enfants apprennent à se servir à table dès la fin de la première année, il y a des escaliers pour accéder aux plans de change seuls quand ils savent marcher, les jeux sont en libre accès.

Ensuite il y a une vraie valeur humaine: on connaît très bien les pros, les parents et les enfants. De solides liens de confiance se tissent, on peut s’appuyer sur un collectif même en-dehors des horaires d’accueil. Parents et enfants se retrouvent souvent pour des apéros ou des goûters, on n’hésite pas à confier son enfant à d’autres parents qui le connaissent et qui partagent nos valeurs éducatives.

Les contraintes sont aussi nombreuses, et il ne faut pas les sous-estimer avant de s’engager dans ce mode de garde. Les présences auprès des enfants sont quantifiables (5h hebdomadaires par famille), mais l’investissement dans la vie de l’association et le fonctionnement de la crèche occupe beaucoup de temps, ne serait-ce que dans les pensées. Exemple: il est presque 11h, j’ai accompagné ma fille, échangé des mails pour la crèche parentale, je suis en train de parler de la crèche et je ne me suis pas encore mis à bosser…

Qui finance la crèche parentale ? Quelles sont les aides pour l’association ?

La crèche est financée essentiellement par la CAF au titre de la PSU (prestation de service unique, qui complète la participation des familles comme dans les crèches publiques). Le conseil général et la mairie nous accordent également des subventions.

Globalement, nous courons toujours après l’argent car les dotations publiques ne cessent de diminuer. La fin des contrats aidés met également notre existence en danger car 3 de nos employées (sur 8) en bénéficient.

La CAF alloue aussi des subventions exceptionnelles pour les travaux, les activités etc.

Etant donné qu’il faut être présent, comment t’organises-tu ?

J’ai la chance d’être assez libre dans mes horaires car je suis travailleur indépendant.

Ce n’est pas le cas de tous les parents: certains sont salariés et posent des congés ou des RTT pour leurs demi-journées de présence et assurent le travail pour leurs commissions le soir ou le weekend.

Quelles sont les aides pour les parents ? (CAF, …)

Les parents bénéficient des mêmes aides que pour une inscription en crèche publique: la participation mensuelle est calculée sur la base des revenus déclarés à la CAF, et elle peut éventuellement être déduite des impôts.

Est-ce moins cher du fait que les parents s’impliquent ?

Non. Les tarifs sont les mêmes que pour une crèche publique.

En revanche, c’est l’implication des parents qui permet à la structure d’exister financièrement. Les présences parentales comptent pour 1/3 du taux d’encadrement, et le budget de la crèche ne nous permettrait pas d’embaucher une professionnelle supplémentaire pour assurer ces heures.

C’est la même chose pour toutes les tâches techniques et administratives assurées par les commissions, que l’on ne peut pas se permettre d’externaliser (compta, RH etc.)

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