La parentalité positive : la nouvelle éducation ?

Alors même que le terme « parentalité » est un néologisme datant seulement du XXème siècle, non reconnu par les logiciels de traitement de texte (parsemant cet article de petites vagues rouges…), on entend parler partout d’un nouveau style d’éducation : la parentalité positive ou l’éducation bienveillante.

Mais qu’est-ce que c’est ? Une éducation à la mode, comme un nouveau régime de star ? Ou une véritable révolution dans l’éducation ?

On a longtemps considéré l’enfant comme une page blanche, un petit être devant obéir à ses parents sans avoir son mot à dire. Mais aujourd’hui, on le voit comme une personne à part entière avec sa propre personnalité.

Commençons par définir la « parentalité positive »

D’après Wikipédia, la parentalité est « la fonction d’être parent dans ses aspects juridiques, politiques, socio-économiques, culturels et institutionnels ». Une sacrée fonction !

La parentalité est donc le rôle de parent ou comment faire de son mieux pour aider son enfant à grandir et s’épanouir pour devenir un adulte responsable et bien dans sa peau. Une lourde responsabilité sur vos épaules !

D’après moi, la parentalité positive est d’arriver à ce but en prenant en compte la personnalité et les caractéristiques propres de l’enfant dans la bienveillance et la chaleur.

Fini les punitions, les fessées et les ordres à tout va. On écoute l’enfant et on essaye de le comprendre pour qu’il puisse évoluer dans un environnement où sa parole sera prise en compte.

Néanmoins, loin de moi l’idée d’être permissive. Pour qu’un enfant se développe de façon optimale, il lui faut un cadre donné par les parents. On l’écoute certes, mais il n’a pas tous les droits. Il doit garder sa position d’enfant et respecter l’autorité de ses parents.

La parentalité positive a comme objectif d’apprendre à votre enfant à se responsabiliser, en comprenant les conséquences de ses actes et en prenant lui-même la décision d’agir de façon adaptée. Et non plus par peur de la fessée ou de la punition. Votre enfant deviendra alors un adulte responsable avec une bonne estime de lui et reproduira les mêmes schémas positifs dans son environnement.

Voyons donc maintenant les 10 principes de la parentalité positive ou de l’éducation bienveillante.

Les 10 principes de l’éducation bienveillante

1) Les punitions corporelles sont à proscrire

Plusieurs études, dont une de 2006 publié dans le journal « Child Abuse & Neglect » et une de 1994 (déjà à l’époque on se posait les bonnes questions !) publié dans le journal « Adolescence » ont montré l’impact des punitions corporelles sur la santé. Les chercheurs ont constaté une augmentation du risque de présenter des pathologies psychiatriques à l’adolescence et à l’âge adulte telles que dépression, troubles addictifs, anxiété, ainsi que des troubles de la personnalité ou des conduites à risques pour ne citer que ces exemples.

2) Les punitions peuvent être efficaces mais attention à leur usage excessive

On préfèrera les remplacer par des conséquences logiques liées à l’action : « Tu répares ce que tu as cassé » (si ce n’est pas réparable, faites-lui passer la tondeuse ☺), « tu ramasses tes jouets avant d’aller dehors », « tu demandes pardon », etc.

3) Stopper les cris

Les cris engendrent les cris. D’autres techniques existent pour se faire obéir en gardant un environnement familial harmonieux et paisible.

4) Limiter les choix

Quoi de plus compliqué pour un enfant que d’être confronté à des choix multiples ?.. Limitez les choix que vous lui proposez. D’une part, il sera moins dépassé par la situation et d’autre part cela peut lui permettre de se sentir impliqué et engagé. Au lieu de lui dire « quel dessert veut-tu ? », dites-lui « préfères tu une mousse au chocolat ou une compote ? »

De plus, vous pourrez sortir de certaines situations conflictuelles sans avoir à lever la voix. Il ne veut pas s’habiller ? Au lieu de lui ordonner sans cesse de s’habiller, proposez-lui un choix « tu préfères mettre ton short rouge ou bleu ? »

5) Accueillir les émotions de l’enfant

En général, quand un enfant crie parce qu’il est en colère, notre réaction est de crier en retour. Or, il faudrait mieux accueillir son émotion en déterminant la cause et en lui expliquant comment se faire comprendre. Il a le droit d’être en colère mais il faut qu’il apprenne qu’il n’a pas le droit de l’exprimer comme il le veut, en criant, en cassant ou en tapant par exemple.

6) Poser un cadre précis et clair

Il y a certaines règles que vos enfants doivent respecter, que ce soit à la maison ou à l’extérieur. Les règles doivent donc être posées et comprises par l’enfant afin qu’il puisse anticiper les conséquences de ses désobéissances.

7) Avoir une attitude positive

Vos enfants sont confrontés toute leur vie à des remarques négatives. Notamment à l’école. Le système éducatif actuel pointe ce qui est négatif sans valoriser le positif. Or, vous pouvez contrôler l’environnement familial. Alors, à la maison, au lieu de sanctionner ou de remarquer les comportements négatifs, valorisez et encouragez les comportements positifs.

Vous avez demandé à votre enfant de jeter son pot de yaourt vide à la poubelle, ce qu’il refuse. Dites-lui qu’il ne pourra rien faire d’autre tant qu’il n’a pas obéi. Il le jette enfin en râlant et en vous lançant une remarque pour marquer son mécontentement, et peut-être en vous tirant la langue aussi ! Votre première réaction sera sûrement, et c’est légitime, de souligner son attitude négative. Mais il a fait ce que vous lui avez demandé, sans bonne volonté certes, mais il l’a fait. Alors soulignez le : « tu n’es pas content mais ce n’est pas grave, tu as fait ce que je t’ai demandé et je suis content(e), merci ».

Il sera alors étonné et fière et aura sans doute envie de recommencer. Et cette fois ci, peut-être qu’il le fera avec le sourire et en y mettant du sien !

8) Utiliser des consignes positives

Transformez un « ne cours pas » en « marche doucement », un « ne mange pas avec tes mains » en « A table, on mange avec des couverts » etc. Cette technique permet de minimiser l’énervement et de ne pas entrer en confrontation avec l’enfant. Vous pourrez rapidement constater des changements dans son comportement.

9) Etre un modèle pour votre enfant

Vous lui dites de ne pas crier mais vous le faites. Vous lui demandez de ne pas dire de « gros mots » mais vous en dites, etc. N’oubliez pas qu’un enfant apprend en grande partie par imitation. Soyez l’adulte que vous aimerez qu’il devienne !

10) Montrez lui le chemin

Un enfant sait souvent ce qu’il ne doit pas faire mais pas forcément ce qu’il peut faire. Il n’a pas le droit de crier mais comment peut-il alors exprimer sa colère ? Montrez-lui concrètement la bonne attitude à adopter.

Une éducation positive et bienveillante permet à votre enfant de s’épanouir et d’installer une réelle harmonie dans votre environnement familial. N’avez-vous jamais rêvé que les cris et les pleurs s’arrêtent ? Cependant, il n’est pas toujours facile d’être positif et bienveillant tous les jours. Rien de grave, et heureusement !

C’est un véritable métier d’être parent et la formation dure toute la vie !

Anaëlle Courau – Psychologue et coach familial (http://www.coachfamilial.fr/)

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